Portrait de Jennifer Luca et Elodie Hallaux,d'AXA Investment Managers (part of BNP Paribas Group)
Dans le secteur de la gestion d’actifs, les femmes occupent diverses fonctions, chacune avec leur propre histoire.
Nous voulons donner plus de visibilité à ces femmes, créer des modèles de rôle, inspirer les autres et, en même temps, adresser les stéréotypes sur le travail dans le secteur de la gestion d’actifs.
En décembre 2025, nous avons parlé avec Jennifer Luca et Elodie Hallaux, d’AXA Investment Managers (part of BNP Paribas Group).

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Jennifer : Je m’appelle Jennifer Luca, j’ai 33 ans et je suis maman d’une petite fille. Je me sens avant tout Européenne : je parle couramment six langues, j’ai grandi en Allemagne, mes origines familiales sont italiennes et françaises, et cela fait maintenant 10 ans que je vis en Belgique.
Je travaille aujourd’hui chez AXA Investment Managers (part of BNP Group) en tant que Marketing & Communications Manager.
Elodie : Je m’appelle Elodie Hallaux, Client Service Specialist chez AXA Investment Managers (part of BNP Group). J’ai 36 ans et suis maman de deux petits garçons. Je me considère comme une vraie belge : j’habite en Wallonie depuis 6 ans après avoir vécu 20 ans en Flandre et 10 ans à Bruxelles.
Comment êtes-vous entrées dans le secteur de la gestion d’actifs ?
Elodie: Pour être tout à fait honnête, jamais je n’aurais pensé travailler dans ce secteur. Je ne connaissais même pas réellement en quoi il consistait. Il faut dire que j’ai un diplôme universitaire aux antipodes de la finance.
Il y a 4 ans, on m’a proposé de passer un entretien pour un remplacement de congé de maternité pour une fonction de Marketing & Communications Manager. J’ai exercé la fonction pendant près d’une année et ai adoré cette expérience, qui m’a par la suite menée vers ma fonction actuelle.
Jennifer: Après mes études en Traduction et Communication Multilingue, je souhaitais débuter ma carrière dans un contexte où mes compétences linguistiques seraient valorisées. C’est un peu par hasard que j’ai fait mes premiers pas dans le secteur bancaire. J’ai eu ensuite l’opportunité de travailler quelques années dans l’asset management, domaine que je n’ai pas quitté depuis. Cela fait maintenant un an que j’ai rejoint les équipes d’AXA IM, et je suis ravie de cette nouvelle étape.
“J’aime l’idée de travailler dans un secteur qui a un impact direct sur l’épargne et les projets de vie des gens. » (Jennifer)
Qu’est-ce qui vous attire dans votre métier et dans le secteur de la gestion d’actifs ?
Jennifer: J’aime l’idée de travailler dans un secteur qui a un impact direct sur l’épargne et les projets de vie des gens. Mon rôle me permet de rendre accessible un univers parfois perçu comme complexe, que ce soit à travers nos communications, nos événements ou nos contenus digitaux.
J’apprécie aussi le fait que ce secteur demande un apprentissage constant. Les marchés évoluent, de nouveaux produits apparaissent, les réglementations changent… Cette dynamique me pousse à rester curieuse.
Elodie: Le secteur de l’asset management est un secteur en pleine ébullition, en constante évolution et dépendant de tant de facteurs (géopolitiques, économiques, sociaux, environnementaux, gouvernementaux, etc.). C’est cette dimension mondiale qui m’intéresse tout particulièrement.
Au service client, je m’occupe du suivi de la relation avec les clients professionnels. Chaque jour est différent et amène son lot de surprises, qu’elles soient agréables ou moins agréables. Répondre aux demandes et exigences des clients est parfois un défi, mais également très valorisant. J’ai la chance d’être quotidiennement en contact avec des collègues dans le monde entier et de pratiquer plusieurs langues.
Quels sont les défis auxquels vous avez été confrontées, en particulier en tant que femme ?
Elodie: Le cliché veut que le secteur de la gestion d’actifs soit un monde d’hommes. Je dirais que c’est plutôt vrai, mais j’ai été étonnée par le nombre de femmes qui y travaillaient, plus particulièrement dans des fonctions haut placées. Je suis impressionnée par ces femmes qui arrivent à jongler entre une fonction à haute responsabilité, une vie de famille et des loisirs.
Ma fonction me permet d’être épanouie car j’ai un excellent équilibre entre vie professionnelle et privée. Certes, je suis soumise à des périodes de pression mais j’arrive à les gérer et à profiter comme il le faut de mon temps libre. Je suis entourée de collègues bienveillants et compréhensifs qui, pour certains, ont également des enfants en bas âge. Me sentir soutenue, reconnue et valorisée dans mon travail me permet d’être performante tout en étant la maman que j’ai toujours voulu être.
Jennifer: Mon principal défi a été de trouver ma place et de me sentir légitime dans un secteur où j’arrivais avec peu d’expérience. Il fallait d’abord que j’acquière les connaissances nécessaires pour bien faire mon travail, tout en gagnant en confiance.
Même si la situation évolue positivement, l’asset management reste un secteur où les femmes sont plus ou moins nombreuses selon la fonction. Cela peut parfois créer une pression supplémentaire pour faire ses preuves ou une tendance à douter de ses compétences, même quand on progresse bien.
Heureusement, j’ai eu la chance d’intégrer une équipe bienveillante qui m’encourage à aller plus loin.
“Me sentir soutenue, reconnue et valorisée dans mon travail me permet d’être performante tout en étant la maman que j’ai toujours voulu être. » (Elodie)
Quelles sont donc les compétences dont vous avez besoin dans notre secteur et dans votre fonction ?
Jennifer: Je dirais que la compétence la plus importante, c’est la curiosité et l’envie d’apprendre. C’est ce qui permet d’apprivoiser un secteur même sans connaissances initiales.
Dans ma fonction spécifiquement, la flexibilité est essentielle. On touche à de nombreux aspects du marketing et de la communication, et quand une priorité urgente apparaît, il faut savoir s’adapter rapidement.
Il faut aussi savoir vulgariser : être capable de traduire des concepts financiers complexes en messages clairs et accessibles.
Elodie: Dans notre secteur, tout comme dans de nombreux autres secteurs, la clé de la réussite est le travail en équipe et la capacité à se remettre en question. Il ne faut pas avoir peur de poser des questions quand on n’a pas bien compris quelque chose. Notre secteur est composé d’une multitude d’experts qui ont leur propre scope de connaissances et compétences. Et tous ces experts ont besoin d’une ou plusieurs personnes à leurs côtés pour pouvoir exceller dans leur métier.
Dans ma fonction, il faut non seulement être à même de collaborer avec une myriade d’autres personnes à travers le monde, avec des habitudes et rythmes de travail différents, dans diverses langues, mais également être structuré et rigoureux afin de répondre aux exigences des clients et de fournir du travail de qualité. La curiosité, l’avidité d’apprendre et la débrouillardise sont également des compétences cruciales.
“Je dirais que la compétence la plus importante, c’est la curiosité et l’envie d’apprendre. C’est ce qui permet d’apprivoiser un secteur même sans connaissances initiales. » (Jennifer)
Existe-t-il des idées fausses sur notre secteur?
Elodie: De l’extérieur, le monde de l’asset management est vu comme compétitif, individualiste, rigide. Bien sûr, les enjeux peuvent être importants et la pression assez forte par moments. Je pense que c’est le cas dans n’importe quel secteur. Pour ma part, à mon agréable surprise, j’ai eu le plaisir de découvrir au sein de ce secteur beaucoup d’entre-aide, d’humanité, de partage de connaissances, de bienveillance et d’empathie.
Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il y ait un grand nombre de femmes travaillant dans ce secteur. Des femmes inspirantes et impressionnantes qui prouvent chaque jour que ce secteur a besoin de diversité. Ce n’est d’ailleurs pas seulement une question de genre, mais également de personnalité.
Jennifer: Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas vraiment d’idées préconçues sur le secteur. En revanche, j’avais des doutes sur mes propres compétences. Je pensais qu’il fallait absolument une formation en finance pour y travailler. Aujourd’hui, je réalise qu’il y a plein de profils différents.
“Nous sommes en 2025 et le monde évolue constamment et rapidement. Notre secteur peut paraître plus exigeant pour les femmes, mais c’est surtout la culture d’entreprise qui a un impact sur le bien-être. » (Elodie)
Quels conseils donneriez-vous à d’autres femmes intéressées par un emploi dans notre secteur ?
Jennifer: Tu es capable, tu es forte, tu es douée. Postule, même si tu as des doutes, essaie et tu apprendras énormément. Moi, j’ai essayé, sans a priori, et je m’y plais encore après toutes ces années.
Elodie: Nous sommes en 2025 et le monde évolue constamment et rapidement. Notre secteur peut paraître plus exigeant pour les femmes, mais c’est surtout la culture d’entreprise qui a un impact sur le bien-être. Les sujets « tabou » tels que le travail à temps-partiel, la grossesse, le congé de maternité, les pauses d’allaitement pendant la journée, les symptômes (pré)menstruels, la ménopause sont encore bien présents dans de nombreux secteurs, pas uniquement au sein du nôtre. Tout dépend de l’état d’esprit et la culture de l’entreprise pour laquelle vous travaillez, et de sa capacité à aborder ces sujets. Je me considère comme chanceuse car AXA IM est plutôt bon élève à ce niveau-là. Donc si la gestion d’actifs vous tente, foncez !
Qu’auriez-vous aimé savoir au début de votre carrière ?
Elodie: Qu’il faut être patient… certaines opportunités se présentent quand on ne les attend pas, et certaines situations bloquantes se débloquent parfois toutes seules. Il y a 10 ans j’étais beaucoup plus impulsive et j’avais tendance à fuir des situations qui ne me convenaient pas. Aujourd’hui je me rends compte qu’il faut parfois simplement attendre un peu, prendre du recul et réfléchir avant d’agir ou de prendre une décision. Mon rôle de maman a d’ailleurs fortement contribué à cela, mes enfants sont mes mentors !
Jennifer: J’aurais aimé savoir qu’aucune question n’est stupide. Au début de ma carrière, j’hésitais parfois à demander des clarifications par peur de paraître incompétente. Aujourd’hui, je réalise que poser des questions est non seulement normal, mais c’est aussi la meilleure façon d’apprendre et de progresser.
